Jazz live
Publié le 14 Déc 2015

De 1843 à 2015

Après le hard bop de Ralph Moore (cf. blog de Jazz Magazine du 1e décembre 2015), le new orleans de Guillaume Nouaux. Serais-je entrée dans une phase régressive, moi qui en ce moment me passionne pour les Bob Graettinger, Pete Rugolo, Bill Holman et autres Ralph Burns ou George Handy ? Il ne me semble pas en fin de compte car la veille du concert du Guillaume Nouaux Trio, j’en ai entendu un autre, avec Sylvain Kassap, Didier Petit et l’étonnante Chinoise Xu Fengia.

 

Les associations Jazz au Mercure [lien] et Un Pavé dans le Jazz [lien] constituent les deux pôles entre lesquels se déploie le champ magnétique jazz de Toulouse, preuves que le jazz dans toutes ses formes est extrêmement vivace en province, et dans la ville rose en particulier – ce dont la dernière mouture de l’ouvrage De Briques et de jazz­ de Charles Schaettel illustre à l’envi.

 Samedi 12 décembre 2015, Toulouse (31), Théâtre du Pavé

East West Trio

Xu Fengia (guzheng, vx), Sylvain Kassap (cl, bcl, chalumeau), Didier Petit (vx, vlle).

En première partie du East West Trio, Raphaël Sibertin-Blanc et Stéphane Bissières proposaient une musique improvisée à l’esthétique répétitive. Toutefois l’instrument de Sibertin-Blanc était un klâsik kemençe (sorte de violon ancien que l’on tient entre les cuisses), ce qui n’est pas banal, accompagné par un piano augmenté d’un synthétiseur aux lumières futuristes. Le duo, intéressant, sembla d’autant plus en devenir lorsque le public entendit les premières notes improvisées par le East West Trio, d’une assurance incroyable, d’emblée dans le vif du sujet. A défaut d’être géocentrée, le trio réalisa une musique assez gravitationnelle en ce sens qu’il y eu souvent des basses bien localisées à partir desquelles une expression musicale sans modes ou échelles par trop respectés put s’épanouir. Cela sans doute du fait de la présence du guzheng, une cithare sur table à chevalet mobile, que Xu Fengia utilisa sans verser ni dans sa pratique traditionnelle chinoise ni dans l’excès de bruitisme. Elle chanta aussi, et d’une belle façon, rejoint parfois par Didier Petit qui n’hésita souvent pas à danser avec son violoncelle. Plus encore que l’esthétique du trio, ce fut leur professionnalisme et leur artisanat excellemment ouvragé qui semblèrent faire l’unanimité auprès du public venu nombreux (un peu moins de 80 personnes) assister à ce concert.

Dimanche 13 décembre 2015, Toulouse (31), Hôtel Mercure

Guillaume Nouaux Trio

Jérôme Gatius (cl), Didier Datchary (p), Guillaume Nouaux (dm).

 Guillaume Nouaux est un batteur passionné par le jeu des batteurs historiques de l’histoire du jazz. Vous voulez apprendre à jouer comme Jo Jones, connaître les licks de Gene Krupa, découvrir Don Ewell ? C’est à lui qu’il faut s’adresser. Depuis deux ans, il a constitué un trio sans basse, à l’image de celui de Benny Goodman. Le répertoire qu’il propose, bien que centré sur les années 1920-1930, propose toutefois un répertoire allant de 1843 à 1956, la première des deux dates faisant référence à la composition de Dark Eyes, la seconde à celle du Five de Bill Evans. L’ensemble fut d’une belle tenue, les musiciens connaissant leur style sur le bout des doigts, sans pour autant imiter platement ni singer artificiellement. En effet, les musiciens improvisèrent « vraiment », avec leurs propres idées. Je dois reconnaître qu’en dehors des deux pièces déjà citées et du Canal Street Blues de King Oliver, je n’ai reconnu aucune des pièces reprises par le trio. Heureusement, Guillaume Nouaux donna tous les titres : Wrap Your Troubles in Dreams de Harry Barris, Bush Street Scramble et South Side Strut de Don Ewell, Russian Rag de Cobb (un décalque très malin du Prélude en Ut# mineur de Rachmaninov), Burgundy Street Blues de George Lewis (où Jérôme Gatius se montrant sous son plus beau profil), Bethena de Scott Joplin en duo piano/clarinette, et Ten Richie Drive de Gene Krupa. Sur cette dernière pièce, Guillaume Nouaux se montra magnifique, comme tout au long du concert. Toujours avec une écoute dirigée a maxima vers le groupe, il fit sonner une batterie comme on ne l’entend plus, grâce à une attention portée autant sur le son de chacun de ses éléments que sur les dynamiques (jamais il ne dépassa la nuances mezzo forte) et les gestes mêmes du jeu de batterie. Bien sûr, cette manifestation pose la question du déplacement de fonction de cette musique, celle-ci étant donnée en concert, devant un parterre d’auditeurs bien installés dans leurs fauteuils au lieu de couples en train de danser. Mais ce déplacement en engendre un autre, celui de son intérêt, puisqu’au fond cela m’a révélé des versants de l’histoire du jazz que j’ignorais et que je me suis empressé d’aller creuser revenu chez moi. Et j’ai passé un excellent moment avec, comme la veille bien que dans un genre totalement différent, des artisants connaissant parfaitement leur métier. Et après tout, pour totalement apprécier Sylvain Kassap ne faut-il pas connaître la musique de George Lewis – le clarinettiste, pas le tromboniste ! ?

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Après le hard bop de Ralph Moore (cf. blog de Jazz Magazine du 1e décembre 2015), le new orleans de Guillaume Nouaux. Serais-je entrée dans une phase régressive, moi qui en ce moment me passionne pour les Bob Graettinger, Pete Rugolo, Bill Holman et autres Ralph Burns ou George Handy ? Il ne me semble pas en fin de compte car la veille du concert du Guillaume Nouaux Trio, j’en ai entendu un autre, avec Sylvain Kassap, Didier Petit et l’étonnante Chinoise Xu Fengia.

 

Les associations Jazz au Mercure [lien] et Un Pavé dans le Jazz [lien] constituent les deux pôles entre lesquels se déploie le champ magnétique jazz de Toulouse, preuves que le jazz dans toutes ses formes est extrêmement vivace en province, et dans la ville rose en particulier – ce dont la dernière mouture de l’ouvrage De Briques et de jazz­ de Charles Schaettel illustre à l’envi.

 Samedi 12 décembre 2015, Toulouse (31), Théâtre du Pavé

East West Trio

Xu Fengia (guzheng, vx), Sylvain Kassap (cl, bcl, chalumeau), Didier Petit (vx, vlle).

En première partie du East West Trio, Raphaël Sibertin-Blanc et Stéphane Bissières proposaient une musique improvisée à l’esthétique répétitive. Toutefois l’instrument de Sibertin-Blanc était un klâsik kemençe (sorte de violon ancien que l’on tient entre les cuisses), ce qui n’est pas banal, accompagné par un piano augmenté d’un synthétiseur aux lumières futuristes. Le duo, intéressant, sembla d’autant plus en devenir lorsque le public entendit les premières notes improvisées par le East West Trio, d’une assurance incroyable, d’emblée dans le vif du sujet. A défaut d’être géocentrée, le trio réalisa une musique assez gravitationnelle en ce sens qu’il y eu souvent des basses bien localisées à partir desquelles une expression musicale sans modes ou échelles par trop respectés put s’épanouir. Cela sans doute du fait de la présence du guzheng, une cithare sur table à chevalet mobile, que Xu Fengia utilisa sans verser ni dans sa pratique traditionnelle chinoise ni dans l’excès de bruitisme. Elle chanta aussi, et d’une belle façon, rejoint parfois par Didier Petit qui n’hésita souvent pas à danser avec son violoncelle. Plus encore que l’esthétique du trio, ce fut leur professionnalisme et leur artisanat excellemment ouvragé qui semblèrent faire l’unanimité auprès du public venu nombreux (un peu moins de 80 personnes) assister à ce concert.

Dimanche 13 décembre 2015, Toulouse (31), Hôtel Mercure

Guillaume Nouaux Trio

Jérôme Gatius (cl), Didier Datchary (p), Guillaume Nouaux (dm).

 Guillaume Nouaux est un batteur passionné par le jeu des batteurs historiques de l’histoire du jazz. Vous voulez apprendre à jouer comme Jo Jones, connaître les licks de Gene Krupa, découvrir Don Ewell ? C’est à lui qu’il faut s’adresser. Depuis deux ans, il a constitué un trio sans basse, à l’image de celui de Benny Goodman. Le répertoire qu’il propose, bien que centré sur les années 1920-1930, propose toutefois un répertoire allant de 1843 à 1956, la première des deux dates faisant référence à la composition de Dark Eyes, la seconde à celle du Five de Bill Evans. L’ensemble fut d’une belle tenue, les musiciens connaissant leur style sur le bout des doigts, sans pour autant imiter platement ni singer artificiellement. En effet, les musiciens improvisèrent « vraiment », avec leurs propres idées. Je dois reconnaître qu’en dehors des deux pièces déjà citées et du Canal Street Blues de King Oliver, je n’ai reconnu aucune des pièces reprises par le trio. Heureusement, Guillaume Nouaux donna tous les titres : Wrap Your Troubles in Dreams de Harry Barris, Bush Street Scramble et South Side Strut de Don Ewell, Russian Rag de Cobb (un décalque très malin du Prélude en Ut# mineur de Rachmaninov), Burgundy Street Blues de George Lewis (où Jérôme Gatius se montrant sous son plus beau profil), Bethena de Scott Joplin en duo piano/clarinette, et Ten Richie Drive de Gene Krupa. Sur cette dernière pièce, Guillaume Nouaux se montra magnifique, comme tout au long du concert. Toujours avec une écoute dirigée a maxima vers le groupe, il fit sonner une batterie comme on ne l’entend plus, grâce à une attention portée autant sur le son de chacun de ses éléments que sur les dynamiques (jamais il ne dépassa la nuances mezzo forte) et les gestes mêmes du jeu de batterie. Bien sûr, cette manifestation pose la question du déplacement de fonction de cette musique, celle-ci étant donnée en concert, devant un parterre d’auditeurs bien installés dans leurs fauteuils au lieu de couples en train de danser. Mais ce déplacement en engendre un autre, celui de son intérêt, puisqu’au fond cela m’a révélé des versants de l’histoire du jazz que j’ignorais et que je me suis empressé d’aller creuser revenu chez moi. Et j’ai passé un excellent moment avec, comme la veille bien que dans un genre totalement différent, des artisants connaissant parfaitement leur métier. Et après tout, pour totalement apprécier Sylvain Kassap ne faut-il pas connaître la musique de George Lewis – le clarinettiste, pas le tromboniste ! ?

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Après le hard bop de Ralph Moore (cf. blog de Jazz Magazine du 1e décembre 2015), le new orleans de Guillaume Nouaux. Serais-je entrée dans une phase régressive, moi qui en ce moment me passionne pour les Bob Graettinger, Pete Rugolo, Bill Holman et autres Ralph Burns ou George Handy ? Il ne me semble pas en fin de compte car la veille du concert du Guillaume Nouaux Trio, j’en ai entendu un autre, avec Sylvain Kassap, Didier Petit et l’étonnante Chinoise Xu Fengia.

 

Les associations Jazz au Mercure [lien] et Un Pavé dans le Jazz [lien] constituent les deux pôles entre lesquels se déploie le champ magnétique jazz de Toulouse, preuves que le jazz dans toutes ses formes est extrêmement vivace en province, et dans la ville rose en particulier – ce dont la dernière mouture de l’ouvrage De Briques et de jazz­ de Charles Schaettel illustre à l’envi.

 Samedi 12 décembre 2015, Toulouse (31), Théâtre du Pavé

East West Trio

Xu Fengia (guzheng, vx), Sylvain Kassap (cl, bcl, chalumeau), Didier Petit (vx, vlle).

En première partie du East West Trio, Raphaël Sibertin-Blanc et Stéphane Bissières proposaient une musique improvisée à l’esthétique répétitive. Toutefois l’instrument de Sibertin-Blanc était un klâsik kemençe (sorte de violon ancien que l’on tient entre les cuisses), ce qui n’est pas banal, accompagné par un piano augmenté d’un synthétiseur aux lumières futuristes. Le duo, intéressant, sembla d’autant plus en devenir lorsque le public entendit les premières notes improvisées par le East West Trio, d’une assurance incroyable, d’emblée dans le vif du sujet. A défaut d’être géocentrée, le trio réalisa une musique assez gravitationnelle en ce sens qu’il y eu souvent des basses bien localisées à partir desquelles une expression musicale sans modes ou échelles par trop respectés put s’épanouir. Cela sans doute du fait de la présence du guzheng, une cithare sur table à chevalet mobile, que Xu Fengia utilisa sans verser ni dans sa pratique traditionnelle chinoise ni dans l’excès de bruitisme. Elle chanta aussi, et d’une belle façon, rejoint parfois par Didier Petit qui n’hésita souvent pas à danser avec son violoncelle. Plus encore que l’esthétique du trio, ce fut leur professionnalisme et leur artisanat excellemment ouvragé qui semblèrent faire l’unanimité auprès du public venu nombreux (un peu moins de 80 personnes) assister à ce concert.

Dimanche 13 décembre 2015, Toulouse (31), Hôtel Mercure

Guillaume Nouaux Trio

Jérôme Gatius (cl), Didier Datchary (p), Guillaume Nouaux (dm).

 Guillaume Nouaux est un batteur passionné par le jeu des batteurs historiques de l’histoire du jazz. Vous voulez apprendre à jouer comme Jo Jones, connaître les licks de Gene Krupa, découvrir Don Ewell ? C’est à lui qu’il faut s’adresser. Depuis deux ans, il a constitué un trio sans basse, à l’image de celui de Benny Goodman. Le répertoire qu’il propose, bien que centré sur les années 1920-1930, propose toutefois un répertoire allant de 1843 à 1956, la première des deux dates faisant référence à la composition de Dark Eyes, la seconde à celle du Five de Bill Evans. L’ensemble fut d’une belle tenue, les musiciens connaissant leur style sur le bout des doigts, sans pour autant imiter platement ni singer artificiellement. En effet, les musiciens improvisèrent « vraiment », avec leurs propres idées. Je dois reconnaître qu’en dehors des deux pièces déjà citées et du Canal Street Blues de King Oliver, je n’ai reconnu aucune des pièces reprises par le trio. Heureusement, Guillaume Nouaux donna tous les titres : Wrap Your Troubles in Dreams de Harry Barris, Bush Street Scramble et South Side Strut de Don Ewell, Russian Rag de Cobb (un décalque très malin du Prélude en Ut# mineur de Rachmaninov), Burgundy Street Blues de George Lewis (où Jérôme Gatius se montrant sous son plus beau profil), Bethena de Scott Joplin en duo piano/clarinette, et Ten Richie Drive de Gene Krupa. Sur cette dernière pièce, Guillaume Nouaux se montra magnifique, comme tout au long du concert. Toujours avec une écoute dirigée a maxima vers le groupe, il fit sonner une batterie comme on ne l’entend plus, grâce à une attention portée autant sur le son de chacun de ses éléments que sur les dynamiques (jamais il ne dépassa la nuances mezzo forte) et les gestes mêmes du jeu de batterie. Bien sûr, cette manifestation pose la question du déplacement de fonction de cette musique, celle-ci étant donnée en concert, devant un parterre d’auditeurs bien installés dans leurs fauteuils au lieu de couples en train de danser. Mais ce déplacement en engendre un autre, celui de son intérêt, puisqu’au fond cela m’a révélé des versants de l’histoire du jazz que j’ignorais et que je me suis empressé d’aller creuser revenu chez moi. Et j’ai passé un excellent moment avec, comme la veille bien que dans un genre totalement différent, des artisants connaissant parfaitement leur métier. Et après tout, pour totalement apprécier Sylvain Kassap ne faut-il pas connaître la musique de George Lewis – le clarinettiste, pas le tromboniste ! ?

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Après le hard bop de Ralph Moore (cf. blog de Jazz Magazine du 1e décembre 2015), le new orleans de Guillaume Nouaux. Serais-je entrée dans une phase régressive, moi qui en ce moment me passionne pour les Bob Graettinger, Pete Rugolo, Bill Holman et autres Ralph Burns ou George Handy ? Il ne me semble pas en fin de compte car la veille du concert du Guillaume Nouaux Trio, j’en ai entendu un autre, avec Sylvain Kassap, Didier Petit et l’étonnante Chinoise Xu Fengia.

 

Les associations Jazz au Mercure [lien] et Un Pavé dans le Jazz [lien] constituent les deux pôles entre lesquels se déploie le champ magnétique jazz de Toulouse, preuves que le jazz dans toutes ses formes est extrêmement vivace en province, et dans la ville rose en particulier – ce dont la dernière mouture de l’ouvrage De Briques et de jazz­ de Charles Schaettel illustre à l’envi.

 Samedi 12 décembre 2015, Toulouse (31), Théâtre du Pavé

East West Trio

Xu Fengia (guzheng, vx), Sylvain Kassap (cl, bcl, chalumeau), Didier Petit (vx, vlle).

En première partie du East West Trio, Raphaël Sibertin-Blanc et Stéphane Bissières proposaient une musique improvisée à l’esthétique répétitive. Toutefois l’instrument de Sibertin-Blanc était un klâsik kemençe (sorte de violon ancien que l’on tient entre les cuisses), ce qui n’est pas banal, accompagné par un piano augmenté d’un synthétiseur aux lumières futuristes. Le duo, intéressant, sembla d’autant plus en devenir lorsque le public entendit les premières notes improvisées par le East West Trio, d’une assurance incroyable, d’emblée dans le vif du sujet. A défaut d’être géocentrée, le trio réalisa une musique assez gravitationnelle en ce sens qu’il y eu souvent des basses bien localisées à partir desquelles une expression musicale sans modes ou échelles par trop respectés put s’épanouir. Cela sans doute du fait de la présence du guzheng, une cithare sur table à chevalet mobile, que Xu Fengia utilisa sans verser ni dans sa pratique traditionnelle chinoise ni dans l’excès de bruitisme. Elle chanta aussi, et d’une belle façon, rejoint parfois par Didier Petit qui n’hésita souvent pas à danser avec son violoncelle. Plus encore que l’esthétique du trio, ce fut leur professionnalisme et leur artisanat excellemment ouvragé qui semblèrent faire l’unanimité auprès du public venu nombreux (un peu moins de 80 personnes) assister à ce concert.

Dimanche 13 décembre 2015, Toulouse (31), Hôtel Mercure

Guillaume Nouaux Trio

Jérôme Gatius (cl), Didier Datchary (p), Guillaume Nouaux (dm).

 Guillaume Nouaux est un batteur passionné par le jeu des batteurs historiques de l’histoire du jazz. Vous voulez apprendre à jouer comme Jo Jones, connaître les licks de Gene Krupa, découvrir Don Ewell ? C’est à lui qu’il faut s’adresser. Depuis deux ans, il a constitué un trio sans basse, à l’image de celui de Benny Goodman. Le répertoire qu’il propose, bien que centré sur les années 1920-1930, propose toutefois un répertoire allant de 1843 à 1956, la première des deux dates faisant référence à la composition de Dark Eyes, la seconde à celle du Five de Bill Evans. L’ensemble fut d’une belle tenue, les musiciens connaissant leur style sur le bout des doigts, sans pour autant imiter platement ni singer artificiellement. En effet, les musiciens improvisèrent « vraiment », avec leurs propres idées. Je dois reconnaître qu’en dehors des deux pièces déjà citées et du Canal Street Blues de King Oliver, je n’ai reconnu aucune des pièces reprises par le trio. Heureusement, Guillaume Nouaux donna tous les titres : Wrap Your Troubles in Dreams de Harry Barris, Bush Street Scramble et South Side Strut de Don Ewell, Russian Rag de Cobb (un décalque très malin du Prélude en Ut# mineur de Rachmaninov), Burgundy Street Blues de George Lewis (où Jérôme Gatius se montrant sous son plus beau profil), Bethena de Scott Joplin en duo piano/clarinette, et Ten Richie Drive de Gene Krupa. Sur cette dernière pièce, Guillaume Nouaux se montra magnifique, comme tout au long du concert. Toujours avec une écoute dirigée a maxima vers le groupe, il fit sonner une batterie comme on ne l’entend plus, grâce à une attention portée autant sur le son de chacun de ses éléments que sur les dynamiques (jamais il ne dépassa la nuances mezzo forte) et les gestes mêmes du jeu de batterie. Bien sûr, cette manifestation pose la question du déplacement de fonction de cette musique, celle-ci étant donnée en concert, devant un parterre d’auditeurs bien installés dans leurs fauteuils au lieu de couples en train de danser. Mais ce déplacement en engendre un autre, celui de son intérêt, puisqu’au fond cela m’a révélé des versants de l’histoire du jazz que j’ignorais et que je me suis empressé d’aller creuser revenu chez moi. Et j’ai passé un excellent moment avec, comme la veille bien que dans un genre totalement différent, des artisants connaissant parfaitement leur métier. Et après tout, pour totalement apprécier Sylvain Kassap ne faut-il pas connaître la musique de George Lewis – le clarinettiste, pas le tromboniste ! ?