Festival International de jazz de Montréal : Tomoki Sanders et Emile Parisien - Jazz Magazine
Jazz live
Publié le 29 Juin 2026

Festival International de jazz de Montréal : Tomoki Sanders et Emile Parisien

L’envoyé spécial de Jazz Magazine vous livre chaque jour ses impressions et ses coups de cœur de la 46ème édition du festival. Récit de la journée du 28 juin.

On a peu entendu d’entrée en matière aussi fulgurante que celle de Tomoki Sanders : pour sa première à Montréal avec son propre groupe, à la tête d’un quartette où brille tout aussi fort le claviériste Ian Finkelstein et propulsé comme lui par une section rythmique à l’énergie aussi abondante que constante (Papa Bear Johnson à la basse électrique et Christian Napoleon à la batterie) il impose d’emblée sa patte : look distinctif, gestuelle intriguante (sa silhouette de danseur et sa façon de tourner sur lui-même rappellent l’image qu’à parfois eu Prince), mais c’est surtout par son jeu d’une puissance hypnotisante qu’il brille, dont chaque note est habitée par une impressionnante conviction. L’énergie torrentielle emporte tout sur son passage et les accalmies sont rares mais même au sommet de la vague, la musique du groupe garde quelque chose d’étrangement apaisant, grâce aux accents épiques des thèmes et au travail sur les atmosphères harmoniques Ian Finklestein. Quand après une salve de titres de leur plume, Electric Relaxation de A Tribe Called Quest commence, le public est déjà acquis à la cause.

Tomoki Sanders, tout feu tout flamme.
Devant la scène TD quelques heures avant un concert. Le calme avant la tempête…
Au piano à Momo, un jeune pianiste très apprécié des passants.

Autre salle, autre grande première : le trio Emile Londonien débarquait lui de Strasbourg pour investir le Studio TD devant une foule pas encore très nombreuse (gageons qu’ils reviendront devant un public fidélisé par ce concert à la hauteur de leurs talents). Toujours sur cette ligne entre esthétique du sample, de l’electro dansante et cyclique, et celle d’un vrai trio jazz qui se livre corps et âme, Nils Boyny, claviers, Théo Tritsch, basse électrique et Matthieu Drago, batterie ont montré combien ils avaient parcouru de chemin depuis leur premier album (et la sortie du second) pour le bonheur d’une assistance qui s’est laissée porter par leurs sons à la frontière du planant et de la performance instrumentale jusqu’au-boutiste. Longue et savante montée en puissance que culmine vraiment ce concert : installant un groove house irrésistible, le trio métamorphose la salle cosy aux allures de bar lounge pour devenir les patrons d’un night-club dont l’ambiance n’avait rien à envier aux plus grosses scènes du festival. Magistral ! Yazid Kouloughli

Nils Boyny, Theo Tritsch et Matthieu Drago alias Emile Londonien.

A gauche, le club en feu, ambiance fin de set. A droite, le merchandising imparable d’Emile Londonien : LP, CD, ou maillot de foot.