Jazz live
Publié le 29 Juil 2013

Jazz in Marciac. Consécration

Je pensais que l’Astrada, cette superbe salle à l’acoustique impeccable dont s’enorgueillissent à juste titre les Marciacais, restait un passage obligé entre le festival Bis et la consécration du chapiteau. Une étape. Une manière d’épreuve initiatique sur le chemin de la gloire. Plusieurs exemples confortaient cette croyance. Eh bien, je me trompais.

 

Virginie Teychené (voc), Stéphane Bernard (p), Olivier Ker Ourio (hca), Gérard Maurin (b), Jean-Pierre Arnaud (dm).

George Benson (g, voc), Randy Waldman, Thom Hall (claviers), Stanley Banks (b), Michael O’Neill (g, voc).

Chapiteau, 28 juillet

 

La règle souffrait une exception, Virginie Teychené. Elle a sauté la case Astrada pour se trouver propulsée directement dans le grand bain, elle qui avait conquis l’an dernier, et pour la seconde fois, le public de la Place de l’Hôtel-de-Ville. Consécration méritée. Virginie est une surdouée. Rien d’étonnant si elle brûle les étapes. Son concert du 28, probablement le meilleur que j’aie jamais entendu d’elle depuis qu’elle prit son essor au festival de Juan-les-Pins en 2008, a confirmé, et au-delà, tout le bien qu’on pouvait penser de cette chanteuse de jazz.

 

Je précise « de jazz », parce qu’à l’inverse de nombre de ses consoeurs qui se croient tenues (pour complaire à la mode ? Pour toucher un plus vaste public ?) de battre les buissons de la pop et autres musiques dites « cousines », elle a choisi de rester fidèle aux canons du swing. De s’inspirer des grandes aînées sans pour autant gommer sa propre originalité. Bref, de s’inscrire dans le droit fil d’une tradition qui, loin de la scléroser, lui a permis au contraire d’épanouir une personnalité riche et vibrante.

 

Il faut dire que les musiciens dont elle a su s’entourer depuis ses débuts participent de cet épanouissement. Gérard Maurin, l’arrangeur et la cheville ouvrière du groupe, est un bassiste à la sûreté éprouvée, capable d’assurer un tempo métronomique. Rien de tel pour asseoir les envolées de Stéphane Bernard, accompagnateur attentif et soliste brillant dont chacune des interventions est saluée à juste titre par le public. Quant à Jean-Pierre Arnaud, il propulse tout son monde avec l’autorité que lui confère une technique sûre et un sens du swing qui en font, depuis des années, l’un des batteurs les plus appréciés de la scène française. Olivier Ker Ourio s’intègre avec bonheur dans un quintette auquel il apporte la couleur de son harmonica.

 

Et Virginie ? Elle a encore gagné en maturité et en aisance. Sa voix s’est approfondie dans les graves. Sa présence scénique a acquis un naturel qui l’autorise à vivre littéralement et sans retenue la musique, à en suivre les méandres, yeux clos, à se laisser bercer par le rythme. Inutile de revenir sur ses qualités vocales. Elle les exploite sans la moindre faute de goût, sans ostentation. Il n’existe guère, à l’heure actuelle, de chanteuse capable de se lancer comme elle dans les vocalesi les plus aventureuses. De scatter sans effort en utilisant toute l’étendue de sa tessiture. De détailler en portugais les charmes de la bossa (Pra Que Discutir Com Madame) et, en français, les paroles que Mimi Perrin broda sur  le Rat Race de Quincy Jones. D’insuffler à Shiny Stockings une vigueur nouvelle. Dès le premier morceau, l’assistance, copieuse, est sous le charme. Elle le restera jusqu’au bout, exigeant et obtenant plusieurs rappels sans être pour autant rassasiée.

 

George Benson a, lui aussi, sauté l’échelon Astrada. Pour la bonne et simple raison qu’il se produit à Marciac pour la première fois. Il est vrai qu’il a depuis longtemps fait ses preuves et n’a nul besoin de quelque adoubement que ce soit. Cette année, il présente à travers l’Europe son dernier album « Inspiration », un hommage à Nat King Cole dont il égrène plusieurs titres, à commencer par Nature Boy et par le bien nommé Unforgettable que Natalie Cole, la fille du King, remit au goût du jour, il y a quelques années, en l’enregistrant en re-recording avec la voix de son père. Un album qui confirme son penchant pour le versant variété de sa carrière, choix assumé, du reste, depuis des lustres.

 

Que dire de Benson qui n’ait été déjà maintes fois écrit ? Qu’il est resté un guitariste des plus délectables, dans la lignée de Wes Montgomery. Trop parcimonieux toutefois. Il fait la part belle au crooner, au détriment de l’instrumentiste. Belle voix, certes, avec des complaisances pour la pop, même la plus sirupeuse. Doublé à la voix par Michael O’Neill, bien secondé par Stanley Banks. Le reste du sextette, plutôt lourdingue, ne laissera pas un souvenir impérissable. Desservi, il est vrai, par une amplification qui, impeccable jusqu’ici, se met à nouveau à déverser une bouillie sonore. Les mauvais démons seraient-ils de retour ?…

 

Ce soir, cap sur le flamenco et la musique latine avec le pianiste andalou Chano Dominguez et le sextette de Chucho Valdès.

 

Jacques Aboucaya

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Je pensais que l’Astrada, cette superbe salle à l’acoustique impeccable dont s’enorgueillissent à juste titre les Marciacais, restait un passage obligé entre le festival Bis et la consécration du chapiteau. Une étape. Une manière d’épreuve initiatique sur le chemin de la gloire. Plusieurs exemples confortaient cette croyance. Eh bien, je me trompais.

 

Virginie Teychené (voc), Stéphane Bernard (p), Olivier Ker Ourio (hca), Gérard Maurin (b), Jean-Pierre Arnaud (dm).

George Benson (g, voc), Randy Waldman, Thom Hall (claviers), Stanley Banks (b), Michael O’Neill (g, voc).

Chapiteau, 28 juillet

 

La règle souffrait une exception, Virginie Teychené. Elle a sauté la case Astrada pour se trouver propulsée directement dans le grand bain, elle qui avait conquis l’an dernier, et pour la seconde fois, le public de la Place de l’Hôtel-de-Ville. Consécration méritée. Virginie est une surdouée. Rien d’étonnant si elle brûle les étapes. Son concert du 28, probablement le meilleur que j’aie jamais entendu d’elle depuis qu’elle prit son essor au festival de Juan-les-Pins en 2008, a confirmé, et au-delà, tout le bien qu’on pouvait penser de cette chanteuse de jazz.

 

Je précise « de jazz », parce qu’à l’inverse de nombre de ses consoeurs qui se croient tenues (pour complaire à la mode ? Pour toucher un plus vaste public ?) de battre les buissons de la pop et autres musiques dites « cousines », elle a choisi de rester fidèle aux canons du swing. De s’inspirer des grandes aînées sans pour autant gommer sa propre originalité. Bref, de s’inscrire dans le droit fil d’une tradition qui, loin de la scléroser, lui a permis au contraire d’épanouir une personnalité riche et vibrante.

 

Il faut dire que les musiciens dont elle a su s’entourer depuis ses débuts participent de cet épanouissement. Gérard Maurin, l’arrangeur et la cheville ouvrière du groupe, est un bassiste à la sûreté éprouvée, capable d’assurer un tempo métronomique. Rien de tel pour asseoir les envolées de Stéphane Bernard, accompagnateur attentif et soliste brillant dont chacune des interventions est saluée à juste titre par le public. Quant à Jean-Pierre Arnaud, il propulse tout son monde avec l’autorité que lui confère une technique sûre et un sens du swing qui en font, depuis des années, l’un des batteurs les plus appréciés de la scène française. Olivier Ker Ourio s’intègre avec bonheur dans un quintette auquel il apporte la couleur de son harmonica.

 

Et Virginie ? Elle a encore gagné en maturité et en aisance. Sa voix s’est approfondie dans les graves. Sa présence scénique a acquis un naturel qui l’autorise à vivre littéralement et sans retenue la musique, à en suivre les méandres, yeux clos, à se laisser bercer par le rythme. Inutile de revenir sur ses qualités vocales. Elle les exploite sans la moindre faute de goût, sans ostentation. Il n’existe guère, à l’heure actuelle, de chanteuse capable de se lancer comme elle dans les vocalesi les plus aventureuses. De scatter sans effort en utilisant toute l’étendue de sa tessiture. De détailler en portugais les charmes de la bossa (Pra Que Discutir Com Madame) et, en français, les paroles que Mimi Perrin broda sur  le Rat Race de Quincy Jones. D’insuffler à Shiny Stockings une vigueur nouvelle. Dès le premier morceau, l’assistance, copieuse, est sous le charme. Elle le restera jusqu’au bout, exigeant et obtenant plusieurs rappels sans être pour autant rassasiée.

 

George Benson a, lui aussi, sauté l’échelon Astrada. Pour la bonne et simple raison qu’il se produit à Marciac pour la première fois. Il est vrai qu’il a depuis longtemps fait ses preuves et n’a nul besoin de quelque adoubement que ce soit. Cette année, il présente à travers l’Europe son dernier album « Inspiration », un hommage à Nat King Cole dont il égrène plusieurs titres, à commencer par Nature Boy et par le bien nommé Unforgettable que Natalie Cole, la fille du King, remit au goût du jour, il y a quelques années, en l’enregistrant en re-recording avec la voix de son père. Un album qui confirme son penchant pour le versant variété de sa carrière, choix assumé, du reste, depuis des lustres.

 

Que dire de Benson qui n’ait été déjà maintes fois écrit ? Qu’il est resté un guitariste des plus délectables, dans la lignée de Wes Montgomery. Trop parcimonieux toutefois. Il fait la part belle au crooner, au détriment de l’instrumentiste. Belle voix, certes, avec des complaisances pour la pop, même la plus sirupeuse. Doublé à la voix par Michael O’Neill, bien secondé par Stanley Banks. Le reste du sextette, plutôt lourdingue, ne laissera pas un souvenir impérissable. Desservi, il est vrai, par une amplification qui, impeccable jusqu’ici, se met à nouveau à déverser une bouillie sonore. Les mauvais démons seraient-ils de retour ?…

 

Ce soir, cap sur le flamenco et la musique latine avec le pianiste andalou Chano Dominguez et le sextette de Chucho Valdès.

 

Jacques Aboucaya

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Je pensais que l’Astrada, cette superbe salle à l’acoustique impeccable dont s’enorgueillissent à juste titre les Marciacais, restait un passage obligé entre le festival Bis et la consécration du chapiteau. Une étape. Une manière d’épreuve initiatique sur le chemin de la gloire. Plusieurs exemples confortaient cette croyance. Eh bien, je me trompais.

 

Virginie Teychené (voc), Stéphane Bernard (p), Olivier Ker Ourio (hca), Gérard Maurin (b), Jean-Pierre Arnaud (dm).

George Benson (g, voc), Randy Waldman, Thom Hall (claviers), Stanley Banks (b), Michael O’Neill (g, voc).

Chapiteau, 28 juillet

 

La règle souffrait une exception, Virginie Teychené. Elle a sauté la case Astrada pour se trouver propulsée directement dans le grand bain, elle qui avait conquis l’an dernier, et pour la seconde fois, le public de la Place de l’Hôtel-de-Ville. Consécration méritée. Virginie est une surdouée. Rien d’étonnant si elle brûle les étapes. Son concert du 28, probablement le meilleur que j’aie jamais entendu d’elle depuis qu’elle prit son essor au festival de Juan-les-Pins en 2008, a confirmé, et au-delà, tout le bien qu’on pouvait penser de cette chanteuse de jazz.

 

Je précise « de jazz », parce qu’à l’inverse de nombre de ses consoeurs qui se croient tenues (pour complaire à la mode ? Pour toucher un plus vaste public ?) de battre les buissons de la pop et autres musiques dites « cousines », elle a choisi de rester fidèle aux canons du swing. De s’inspirer des grandes aînées sans pour autant gommer sa propre originalité. Bref, de s’inscrire dans le droit fil d’une tradition qui, loin de la scléroser, lui a permis au contraire d’épanouir une personnalité riche et vibrante.

 

Il faut dire que les musiciens dont elle a su s’entourer depuis ses débuts participent de cet épanouissement. Gérard Maurin, l’arrangeur et la cheville ouvrière du groupe, est un bassiste à la sûreté éprouvée, capable d’assurer un tempo métronomique. Rien de tel pour asseoir les envolées de Stéphane Bernard, accompagnateur attentif et soliste brillant dont chacune des interventions est saluée à juste titre par le public. Quant à Jean-Pierre Arnaud, il propulse tout son monde avec l’autorité que lui confère une technique sûre et un sens du swing qui en font, depuis des années, l’un des batteurs les plus appréciés de la scène française. Olivier Ker Ourio s’intègre avec bonheur dans un quintette auquel il apporte la couleur de son harmonica.

 

Et Virginie ? Elle a encore gagné en maturité et en aisance. Sa voix s’est approfondie dans les graves. Sa présence scénique a acquis un naturel qui l’autorise à vivre littéralement et sans retenue la musique, à en suivre les méandres, yeux clos, à se laisser bercer par le rythme. Inutile de revenir sur ses qualités vocales. Elle les exploite sans la moindre faute de goût, sans ostentation. Il n’existe guère, à l’heure actuelle, de chanteuse capable de se lancer comme elle dans les vocalesi les plus aventureuses. De scatter sans effort en utilisant toute l’étendue de sa tessiture. De détailler en portugais les charmes de la bossa (Pra Que Discutir Com Madame) et, en français, les paroles que Mimi Perrin broda sur  le Rat Race de Quincy Jones. D’insuffler à Shiny Stockings une vigueur nouvelle. Dès le premier morceau, l’assistance, copieuse, est sous le charme. Elle le restera jusqu’au bout, exigeant et obtenant plusieurs rappels sans être pour autant rassasiée.

 

George Benson a, lui aussi, sauté l’échelon Astrada. Pour la bonne et simple raison qu’il se produit à Marciac pour la première fois. Il est vrai qu’il a depuis longtemps fait ses preuves et n’a nul besoin de quelque adoubement que ce soit. Cette année, il présente à travers l’Europe son dernier album « Inspiration », un hommage à Nat King Cole dont il égrène plusieurs titres, à commencer par Nature Boy et par le bien nommé Unforgettable que Natalie Cole, la fille du King, remit au goût du jour, il y a quelques années, en l’enregistrant en re-recording avec la voix de son père. Un album qui confirme son penchant pour le versant variété de sa carrière, choix assumé, du reste, depuis des lustres.

 

Que dire de Benson qui n’ait été déjà maintes fois écrit ? Qu’il est resté un guitariste des plus délectables, dans la lignée de Wes Montgomery. Trop parcimonieux toutefois. Il fait la part belle au crooner, au détriment de l’instrumentiste. Belle voix, certes, avec des complaisances pour la pop, même la plus sirupeuse. Doublé à la voix par Michael O’Neill, bien secondé par Stanley Banks. Le reste du sextette, plutôt lourdingue, ne laissera pas un souvenir impérissable. Desservi, il est vrai, par une amplification qui, impeccable jusqu’ici, se met à nouveau à déverser une bouillie sonore. Les mauvais démons seraient-ils de retour ?…

 

Ce soir, cap sur le flamenco et la musique latine avec le pianiste andalou Chano Dominguez et le sextette de Chucho Valdès.

 

Jacques Aboucaya

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Je pensais que l’Astrada, cette superbe salle à l’acoustique impeccable dont s’enorgueillissent à juste titre les Marciacais, restait un passage obligé entre le festival Bis et la consécration du chapiteau. Une étape. Une manière d’épreuve initiatique sur le chemin de la gloire. Plusieurs exemples confortaient cette croyance. Eh bien, je me trompais.

 

Virginie Teychené (voc), Stéphane Bernard (p), Olivier Ker Ourio (hca), Gérard Maurin (b), Jean-Pierre Arnaud (dm).

George Benson (g, voc), Randy Waldman, Thom Hall (claviers), Stanley Banks (b), Michael O’Neill (g, voc).

Chapiteau, 28 juillet

 

La règle souffrait une exception, Virginie Teychené. Elle a sauté la case Astrada pour se trouver propulsée directement dans le grand bain, elle qui avait conquis l’an dernier, et pour la seconde fois, le public de la Place de l’Hôtel-de-Ville. Consécration méritée. Virginie est une surdouée. Rien d’étonnant si elle brûle les étapes. Son concert du 28, probablement le meilleur que j’aie jamais entendu d’elle depuis qu’elle prit son essor au festival de Juan-les-Pins en 2008, a confirmé, et au-delà, tout le bien qu’on pouvait penser de cette chanteuse de jazz.

 

Je précise « de jazz », parce qu’à l’inverse de nombre de ses consoeurs qui se croient tenues (pour complaire à la mode ? Pour toucher un plus vaste public ?) de battre les buissons de la pop et autres musiques dites « cousines », elle a choisi de rester fidèle aux canons du swing. De s’inspirer des grandes aînées sans pour autant gommer sa propre originalité. Bref, de s’inscrire dans le droit fil d’une tradition qui, loin de la scléroser, lui a permis au contraire d’épanouir une personnalité riche et vibrante.

 

Il faut dire que les musiciens dont elle a su s’entourer depuis ses débuts participent de cet épanouissement. Gérard Maurin, l’arrangeur et la cheville ouvrière du groupe, est un bassiste à la sûreté éprouvée, capable d’assurer un tempo métronomique. Rien de tel pour asseoir les envolées de Stéphane Bernard, accompagnateur attentif et soliste brillant dont chacune des interventions est saluée à juste titre par le public. Quant à Jean-Pierre Arnaud, il propulse tout son monde avec l’autorité que lui confère une technique sûre et un sens du swing qui en font, depuis des années, l’un des batteurs les plus appréciés de la scène française. Olivier Ker Ourio s’intègre avec bonheur dans un quintette auquel il apporte la couleur de son harmonica.

 

Et Virginie ? Elle a encore gagné en maturité et en aisance. Sa voix s’est approfondie dans les graves. Sa présence scénique a acquis un naturel qui l’autorise à vivre littéralement et sans retenue la musique, à en suivre les méandres, yeux clos, à se laisser bercer par le rythme. Inutile de revenir sur ses qualités vocales. Elle les exploite sans la moindre faute de goût, sans ostentation. Il n’existe guère, à l’heure actuelle, de chanteuse capable de se lancer comme elle dans les vocalesi les plus aventureuses. De scatter sans effort en utilisant toute l’étendue de sa tessiture. De détailler en portugais les charmes de la bossa (Pra Que Discutir Com Madame) et, en français, les paroles que Mimi Perrin broda sur  le Rat Race de Quincy Jones. D’insuffler à Shiny Stockings une vigueur nouvelle. Dès le premier morceau, l’assistance, copieuse, est sous le charme. Elle le restera jusqu’au bout, exigeant et obtenant plusieurs rappels sans être pour autant rassasiée.

 

George Benson a, lui aussi, sauté l’échelon Astrada. Pour la bonne et simple raison qu’il se produit à Marciac pour la première fois. Il est vrai qu’il a depuis longtemps fait ses preuves et n’a nul besoin de quelque adoubement que ce soit. Cette année, il présente à travers l’Europe son dernier album « Inspiration », un hommage à Nat King Cole dont il égrène plusieurs titres, à commencer par Nature Boy et par le bien nommé Unforgettable que Natalie Cole, la fille du King, remit au goût du jour, il y a quelques années, en l’enregistrant en re-recording avec la voix de son père. Un album qui confirme son penchant pour le versant variété de sa carrière, choix assumé, du reste, depuis des lustres.

 

Que dire de Benson qui n’ait été déjà maintes fois écrit ? Qu’il est resté un guitariste des plus délectables, dans la lignée de Wes Montgomery. Trop parcimonieux toutefois. Il fait la part belle au crooner, au détriment de l’instrumentiste. Belle voix, certes, avec des complaisances pour la pop, même la plus sirupeuse. Doublé à la voix par Michael O’Neill, bien secondé par Stanley Banks. Le reste du sextette, plutôt lourdingue, ne laissera pas un souvenir impérissable. Desservi, il est vrai, par une amplification qui, impeccable jusqu’ici, se met à nouveau à déverser une bouillie sonore. Les mauvais démons seraient-ils de retour ?…

 

Ce soir, cap sur le flamenco et la musique latine avec le pianiste andalou Chano Dominguez et le sextette de Chucho Valdès.

 

Jacques Aboucaya