SERRE CHEVALIER SUMMER JAZZ FESTIVAL - 21 AOÛT - Jazz Magazine
Jazz live
Publié le 23 Août 2026

SERRE CHEVALIER SUMMER JAZZ FESTIVAL – 21 AOÛT

SERRE CHEVALIER SUMMER JAZZ FESTIVAL

18 au 21 août 2026

Vendredi 21 août

Pour le concert de clôture de la quatrième édition de ce passionnant festival, l’action se passait dans la plus vaste église de la vallée de Serre Chevalier, au Monêtier-Les-Bains, où les organisateurs du festival ont fait venir un beau demi-queue Steinway afin d’accueillir deux pianistes.

C’est Pierre de Bethmann en solo qui a ouvert la première partie de la soirée, visiblement très ému de jouer en solitaire au cœur de cette église chargée d’histoire.

Entre compositions personnelles, standards de jazz et reprises diverses, Pierre de Bethmann possède un très large répertoire. Il est capable de tout jouer avec un égal bonheur, en s’investissant pleinement dans l’art difficile du solo, autour d’un travail d’introspection, où il va chercher au fond de lui même l’art de transmettre des émotions à l’aide de ses 10 doigts et des 88 touches d’ivoire.

Il démarra par une composition personnelle intitulée Valse Hésitation, enchaînée avec une remarquable version du Trinkle Tinkle de Thelonious Monk. Puis, il rendit hommage à la musique d’Antonio Carlos Jobim – où les savantes harmonies complètent à merveille la beauté des mélodies – avec une superbe interprétation de Amparo. C’est avec le standard Sweet and Lovely qu’il a choisi d’enchaîner (un morceau que Monk adorait jouer !), puis il nous a proposé deux de ses compositions qui lui tiennent à coeur : la récente Agapé et l’ancienne Temps Danse (qu’il avait enregistré au sein de Prysm en 2011).

Après un court entracte, c’est le pianiste Bruno Ruder qui s’assoit au piano au sein du trio du saxophoniste Vincent Lê Quang, avec Marc Ducret à la guitare.

Un trio passionnant, sans rythmique, où le saxophone ténor (et parfois soprano) de Vincent Lê Quang croise le fer avec deux instruments harmoniques.

Cela dit, c’est Bruno Ruder qui gère l’harmonie dans ce trio, avec une grande maestria et une pertinente science harmonique qui nous sidère à chaque morceau et qui épate également ses deux acolytes !

Marc Ducret, fidèle à lui même, triture sa guitare avec brio en tirant des sons explosifs et sidérants de beauté et de pertinence au fil des différents morceaux.

On ne dira jamais assez que Vincent Lê Quang est l’un des plus brillants saxophonistes du jazz français. Sa sonorité au ténor – pleine, charnue, ronde et chaleureuse – est ancrée dans le blues et nous fait dresser les poils à chaque solo, tant son expressivité est communicative. Au soprano aussi, il nous émeut par son lyrisme et son chant intérieur.

N’oublions pas de mentionner également le talent de compositeur de Vincent Lê Quang, responsable de l’intégralité du répertoire. Un répertoire neuf (c’est seulement le troisième concert du trio) qui n’est pas encore enregistré et que l’on aimerait tant pouvoir réécouter en disque en attendant le prochain concert…

Texte : Lionel Eskenazi, Photos : Isabelle Delfourne