Shrizz N Maze au New Morning - Jazz Magazine
Jazz live
Publié le 4 Nov 2026

Shrizz N Maze au New Morning

29 octobre

Artistes et activistes, une bonne partie de la scène funk parisienne s’est donné rendez-vous au New Morning pour y applaudir le duo formé par le saxophoniste et chanteur Eric « Shrizz », entendu avec la Malka Family, les Gréements de Fortune et HornDogz, mais aussi, sur scène, avec George Clinton ou Omar, et le guitariste et chanteur occasionnel Maze K, bien connu sur la scène suisse. Pour l’occasion, les deux complices sont accompagnés d’un groupe de pointures habitués des scènes parisiennes (Jay Murphy aux claviers, Fabrice Lerigab à la batterie, Thomas Braganti à la basse, Olivier Bridot à la trompette) renforcés pour cette date qui fait partie d’une courte tournée européenne d’un invité de luxe en la personne du tromboniste Greg Boyer, un vétéran de Parliament-Funkadelic, avec qui il joue dès la fin des années 1970, mais aussi des orchestres de Chuck Brown, le parrain du go go, et de Prince. Loin de se contenter d’une apparition ponctuelle, Boyer est complètement partie prenante du show, tout au long des deux sets, donnant de la voix et du trombone à l’unisson de ses collègues du soir et s’offrant quelques belles parties en solo, tant en tant que musicien que comme chanteur, le temps par exemple de quelques phrases de Standing On The Verge Of Getting It On de Funkadelic.

Sans surprise, le répertoire de la soirée emprunte largement à celui de leur unique album, « Dope Frequency », sorti de 2023, avec des titres accrocheurs comme Jealous Eyes et True Love portés par des influences P-Funk bien digérées, sans jouer le jeu du clonage. Seule une reprise se faufile dans le programme, celle du Calabama de Prince dévoilé récemment sur la dernière compilation d’inédits, mais le groupe s’amuse volontiers au jeu des citations, entre classiques P-Funk, allusion aux Beatles et clin d’œil aux Rolling Stones quand Greg Boyer s’empare dans son solo du riff de Miss You. La salle, très réactive, est visiblement familière des chansons du groupe et manifeste bruyamment son approbation, répondant volontiers aux sollicitations de Shrizz et contribuant largement à la réussite d’une soirée qui illustre bien la vitalité, dans une certaine indifférence médiatique, de la scène funk française…

Frédéric Adrian