Fabrice Martinez, trompettiste sauvage

19 Apr 2018 #

 

Le trompettiste Fabrice Martinez rencontrait Bruno Chevillon et Paul Brousseau pour une série d’improvisations aussi passionnantes que tempêtueuses.

Fabrice Martinez (trompette, bugle), Bruno Chevillon (basse), Paul Brousseau (piano), Concert d’appartement chez Hélène-Caroline Bodet, 8 avril 2018

Je tiens Fabrice Martinez pour un des trompettistes les plus passionnants et les plus aventureux d’aujourd’hui. Avec ou sans sourdine, il travaille sans relâche à élargir sa palette sonore, toujours à l’affût de nouveaux timbres, de nouveaux effets, au service d’un funambulisme musical privilégiant le risque, l’intensité, l’aventure.

Dans le cadre feutré et intime de l’appartement d’hélène-Caroline Bodet, ce musicien qui fait volontiers rimer trompette avec tempête n’a pas dérogé à son esthétique. Il a joué fort, souvent dans les aigus, non pas pour montrer ses muscles, comme tant de trompettistes qui se prennent pour des haltérophiles,  mais pour extraire de ses cuivres des effets originaux, à caractère souvent vocal.

Face à un tel ouragan, ses deux partenaires ont plié sans rompre. Le pianiste Paul Brousseau a répondu par des petites vaguelettes qui semblaient filtrer les bourrasques déchaînées par le trompettiste, tandis que Bruno Chevillon, plein d’autorité, a enraciné la musique, l’empêchant de s’envoler.

 

Par la suite, les rapports entre les trois musiciens ont quelque peu évolué. Bruno Chevillon réplique au trompettiste en trouvant à l’archet des sonorités si mordantes, si agressives, que l’on s’étonne que les cordes y aient résisté. Paul Brousseau affine le miroitement de ses vagues.

Quant à Fabrice Martinez, obstinément, il continue de tracer son sillon, chercheur inlassable de nouvelles sonorités et de nouveaux timbres (par exemple avec du papier aluminium dont il fait une sourdine), en jouant sans embouchure (c’est possible) ou en se servant de sa trompette comme d’une percussion. C’est toujours intense,  jamais gratuit.  Musique à la fois subtile et sauvage, toujours passionnante.

texte: JF Mondot

Dessins : AC Alvoët

(autres dessins, peintures, gravures à découvrir sur son site www.annie-claire.com )

On peut acheter un des dessins figurant dans ce compte-rendu en s’adressant directement à l’artiste (annie_claire@hotmail.com)

Brève de jazz

Les Grands Prix de l’Académie Charles Cros ont été décernés hier soir

Grand Prix Jazz à CÉCILE McLORIN SALVANT pour son disque 'The Window' (Mack Avenue / Pias) Grand Prix Blues au groupe DELGRES pour son disque 'Mo Jodi' (PIAS) JORDI PUJOL, du label Fresh Sound, a reçu un Prix in honorem pour son travail sur l'édition phonographique et les rééditions, depuis 1983, et en particulier pour ses récentes publications de rééditions et d'inédits du jazz français des années 40 à 60. JOËLLE LÉANDRE a reçu un Prix in honorem en musique contemporaine pour l'ensemble de son parcours musical, à l’occasion de la parution récente de 'Double bass', ( B. Jolas, G. Scelsi, J. Cage, J. Druckmann, J. Léandre par J. Léandre) (Empreinte digitale). Elle a publié également cette année plusieurs disques de musique improvisée http://charlescros.org/Palmares-2018?fbclid=IwAR1s_arpeLwzxN4SuB17HqBMNo0P180AwPR5b_ocHlgMG_gXtWm4Q20mgM4

Bill Carrothers: solo unique au Duc

C'est sans doute le pianiste le plus rare de notre époque, à tous les sens du terme: si l'ont tient bien nos tablettes, l'immense Bill Carrothers ne s'était plus produit à Paris depuis... 2011! Alors, pour une fois qu'il quitte sa retraite du fin fond du Michigan, on ne manquera pas sous aucun prétexte son unique date au Duc des Lombards ce jeudi 6 décembre, qui plus dans l’intimité d'un solo, configuration dans laquelle il nous a livré ses plus grands disques.

Palmarès.

C’est l’Auxane Trio du pianiste Auxane Cartigny avec le contrebassiste Samuel F’hima et le batteur Tiss Rodriguez qui a remporté l’édition 2018 du prix international Jazzymatmut dans le cadre des actions culturelles du Groupe Matmut. Le trio a touché un chèque de 8 000 €. 2ème prix : le quartette de Ludovic Ernault (5 000 €). 3ème prix : l’Eugène quintette (2 000 €). Auxane Cartigny avait ouvert la série de des 20 pianistes à suivre publiée tout au long du mois d’octobre dans les Bonus de jazzmagazine.com.

EN KIOSQUE

20181201 - N° 712 - 116 pages

Le 6 janvier 1999, Michel Petrucciani s’éteignait à New York. Quelques mois plus tôt, le jazzman le plus populaire de...