FRANCK TORTILLER COLLECTIV, création au Sceaux What

03 Feb 2018 #Concerts

Création d’un nouvel orchestre, dans le cadre de la résidence quinquennale de Franck Tortiller à la Scène nationale Les Gémeaux de Sceaux, et début très prometteurs sur scène d’un groupe dont le disque paraîtra fin avril sous le label MCO, avec le concours de la collection MFA (Musique Française d’Aujourd’hui).

Orchestre Franck Tortiller ‘MCO Collectiv’

Pierre Bernier (saxophones ténor & soprano, Maxime Berton (saxophones alto & ténor), Abel Jednak (saxophone alto), Joël Chausse & Rémy Béeseau (trompettes, bugles), Tom Caudelle (saxhorn, flugabone), Léo Pellet (trombone), Yovan Girard (violon, voix, textes), Pierre-Antoine Chaffangeon (piano électrique), Pierre Elgrishi (guitare basse), Vincent Tortiller (batterie), Franck Tortiller (vibraphone, composition, arrangement, direction)

Sceaux, Les Gémeaux-Sceaux What, 2 février 2018, 21h30

Quatrième année de résidence du vibraphoniste-compositeur-chef d’orchestre à Sceaux, et première d’un projet épaulé par Grands Formats et l’association Musique à ciel ouvert. Sur scène de jeunes musiciens que l’on a entendus en juillet dernier au festival de Couches au sein de l’OJJB (Orchestre des jeunes jazzmen de Bourgogne, créé et dirigé par le vibraphoniste) dans la musique de Duke Ellington. Ils sont désormais partie prenante de ce nouvel orchestre, ‘MCO Collectiv’, où les rejoint le chevronné Joël Chausse dans le rôle prépondérant de premier trompette (et brillant soliste!). Au fil du concert, l’orchestre va jouer la musique du disque à paraître le 22 avril (http://www.labelmco.com/). Après un coup de chapeau introductif à Charles Mingus, Hobo Ho, dans lequel le guitariste basse va distiller, au fil de son chorus, quelques riffs en forme de souvenirs de Haitian Fight Song, place au répertoire original composé par le leader : un thème puis une suite en trois parties qui vont être assemblés comme une vaste suite, avec changements de climats et d’intensité. Solo vertigineux du leader, rejoint par le plus jeune des trompettistes qui relève le défi, solo de trombone, chantant puis véhément, dans la première partie de la Suite en F, puis batterie et piano électrique dans l’étape suivante, et sax ténor de Maxime Berton pour conclure cet ensemble marqué par des transitions brillantes et périlleuses, et une constante effervescence où se mêleraient le souvenir de Mingus et celui du Vienna Art Orchestra (dont Franck Tortiller fut membre sept années durant). Dans le thème suivant, Up and standing, évocation du disque «On the Corner» de Miles Davis, Joël Chausse au bugle place la barre très haut, rejoint ensuite par Pierre Bernier au ténor, qui commence dans un registre fluide, très phrasé, avant de s’autoriser quelques hardiesses. Vient le moment des spoken words, brillamment écrits, et interprétés, dans une langue qui est davantage celle du Bronx que l’idiome de Shakespeare, par le violoniste Yovan Girard : beau moment de prosodie syncopée, totalement raccord avec le climat général du projet. Franck Tortiller s’offre ensuite le plaisir solitaire d’un standard, I Can’t Get Started With You (souvenir de l’un des ses deux premiers disques de jazz à l’adolescence, version Max Roach-Clifford Brown), qu’il métamorphose en faisant de son vibraphone tout un orchestre, avec un lyrisme que la virtuosité n’a pas écrasé. La composition qui suit prolonge cette atmosphère de ballade : ici le violon mêle le chant tzigane et la musique de l’Inde du Sud, et le sax alto d’Abel Jednak n’est pas en reste de lyrisme, avant que le vibraphone n’exprime sa liberté sur un tapis orchestral valsant, qui se fondra dans des harmonies de chant choral, le tout s’enchaînant à une brève séquence de rap véhément, avant la conclusion, comme sur l’album à paraître, par une pièce très collective sur laquelle va surfer Tom Caudelle au saxhorn. En rappel, après une séquence binaire bien sentie, avec prises de parole individuelles et collectives, une ballade pop offrira un dernier dialogue entre violon et sax alto.

Belle et réjouissante soirée, première d’une série de cinq qui met en évidence la fidélité des Gémeaux, et de sa directrice François Letellier, aux artistes accueillis : indispensable rouage culturel qui, selon la formule d’un célèbre élu aussi charentais que nivernais, «donne du temps au temps». Le disque arrive bientôt, et l’orchestre jouera en juillet au festival de Couches, capitale du Pays Couchois, et au Paris Jazz Festival, pour ne pas snober cette autre capitale….

Xavier Prévost

L’orchestre poursuit sa série au Sceaux What les 3, 8, 9 et 10 février 2018

Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?time_continue=4&v=rcT8AcRR5Os

Brève de jazz

Les Grands Prix de l’Académie Charles Cros ont été décernés hier soir

Grand Prix Jazz à CÉCILE McLORIN SALVANT pour son disque 'The Window' (Mack Avenue / Pias) Grand Prix Blues au groupe DELGRES pour son disque 'Mo Jodi' (PIAS) JORDI PUJOL, du label Fresh Sound, a reçu un Prix in honorem pour son travail sur l'édition phonographique et les rééditions, depuis 1983, et en particulier pour ses récentes publications de rééditions et d'inédits du jazz français des années 40 à 60. JOËLLE LÉANDRE a reçu un Prix in honorem en musique contemporaine pour l'ensemble de son parcours musical, à l’occasion de la parution récente de 'Double bass', ( B. Jolas, G. Scelsi, J. Cage, J. Druckmann, J. Léandre par J. Léandre) (Empreinte digitale). Elle a publié également cette année plusieurs disques de musique improvisée http://charlescros.org/Palmares-2018?fbclid=IwAR1s_arpeLwzxN4SuB17HqBMNo0P180AwPR5b_ocHlgMG_gXtWm4Q20mgM4

Bill Carrothers: solo unique au Duc

C'est sans doute le pianiste le plus rare de notre époque, à tous les sens du terme: si l'ont tient bien nos tablettes, l'immense Bill Carrothers ne s'était plus produit à Paris depuis... 2011! Alors, pour une fois qu'il quitte sa retraite du fin fond du Michigan, on ne manquera pas sous aucun prétexte son unique date au Duc des Lombards ce jeudi 6 décembre, qui plus dans l’intimité d'un solo, configuration dans laquelle il nous a livré ses plus grands disques.

Palmarès.

C’est l’Auxane Trio du pianiste Auxane Cartigny avec le contrebassiste Samuel F’hima et le batteur Tiss Rodriguez qui a remporté l’édition 2018 du prix international Jazzymatmut dans le cadre des actions culturelles du Groupe Matmut. Le trio a touché un chèque de 8 000 €. 2ème prix : le quartette de Ludovic Ernault (5 000 €). 3ème prix : l’Eugène quintette (2 000 €). Auxane Cartigny avait ouvert la série de des 20 pianistes à suivre publiée tout au long du mois d’octobre dans les Bonus de jazzmagazine.com.

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20181201 - N° 712 - 116 pages

Le 6 janvier 1999, Michel Petrucciani s’éteignait à New York. Quelques mois plus tôt, le jazzman le plus populaire de...