Giovanni Mirabassi à coeur chantant
Giovanni Mirabassi (piano), à La Folie en tête, 33 rue de la butte aux cailles 75013 Paris, le 22 avril 2026

Un piano au milieu de ce petit café, la folie en tête, avec son ambiance de camaraderie frondeuse et d’anarchie tranquille. Ce café est l’un des premiers à avoir accueilli Mirabassi à son arrivée en France. Giovanni Mirabassi voulait célébrer en ce lieu son nouveau disque « Piu Avanti », où il revisite « Avanti », le coup de maître par lequel, il y a 25 ans, il fit irruption sur la scène du jazz. C’était donc une soirée de retrouvailles intimes. Mirabassi y renouait avec le fantôme de sa jeunesse. Il renouait aussi les chansons qui, depuis 25 ans, n’ont jamais cessé de faire battre son cœur. Des chansons de colère et d’espoir. L’inaltérable « Je chante pour passer le temps », paroles Louis Aragon, musique Léo Ferré. Mais aussi « la butte rouge », « le chant des partisans », « le temps des cerises ».

Quand il joue ces standards de la chanson française, il remue la tête, bouge les lèvres, habité par les paroles autant que la musique. Depuis vingt-cinq ans, ces chansons ont sédimenté en lui. Cette longue fréquentation lui permet toutes les libertés : de longues et magnifiques introduction qui s’avancent vers les chansons en cercles concentriques, des harmonisations, des renversements, des explorations. On devine peu à peu le lien que Mirabassi entretient avec toutes ces chansons. Elles lui parlent, il leur répond. C’est un lien de conversation.
JF Mondot
Dessins : AC Alvoët
(autres dessins et peintures sur son site www.annie-claire.com)