Ludovic Ernault au Sunside

25 Jun 2019 #

Au Sunside, le jeune saxophoniste Ludovic Ernault a fêté la sortie de son disque Dreamland et montré qu’il a déjà dépassé le stade des des promesses.

Ludovic Ernault ( sax alto), Enzo Carniel ( piano), Joachim Govin (basse), Simon Bernier (batterie), Romain Pilon (guitare), au Sunside, le 11 juin 2019

Ludovic Ernault, originaire de Rennes, fait partie des jeunes saxophonistes les plus intéressants que l’on puisse écouter aujourd’hui sur la scène parisienne. On sent qu’il a écouté ( et digéré) les grands maîtres. On entend dans ses chorus la marque de Lee Konitz mais aussi celle de Mark Turner, en particulier dans cette manière de creuser l’harmonie par le haut.

Ces influences se traduisent par un séduisant mélange de lyrisme et d’abstraction. On note aussi chez lui une polarisation vers le registre aigu, et une manière d’étrangler le son dans les moments de pic émotionnel. Dans les graves, en revanche, le son est majestueux et assuré. Soit au total une manière très personnelle d’allier la force et la faiblesse. Ce jeune saxophoniste a aussi l’art de bien s’entourer.

 

Au piano, Enzo Carniel fait entendre d’autres choses que dans son propre groupe House of the Echo. Il n’a besoin que de quelques mesures pour s’envoler et faire entendre tout ce qu’il possède de lyrique et de chantant dans son jeu, en particulier lors d’un éblouissant intermède en solo la fin du premier set.

A la basse, Joachim Govin ( qui remplace Florent Nisse) est comme d’habitude remarquable par l’aspect percussif et dynamique qu’il donne à son jeu, avec cette capacité à donner non seulement l’harmonie mais l’élan.

 

A la batterie Simon Bernier est d’une grande finesse. Il invente des manières d’accompagner et d’orienter la musique qui sont presque des arrangements à eux tout seuls. J’ai gardé pour la fin le guitariste Romain Pilon, dont j’admire toute la soirée la mise en place, et la construction rigoureuse de ses chorus, qui produit une sorte de lyrisme méticuleux qui s’insère parfaitement dans la musique.

Lui et Enzo Carniel réussissent à ne pas se marcher sur les pieds et à produire ensemble une sorte de luxuriance harmonique qui est un régal pour les oreilles. Parmi les compositions de Ludovic Ernault, je retiens spécialement Tout feu tout flamme, Green, ou Dreamland ( qui est le nom de son album, qui vient de sortir, avec cette même formation) . Beau groupe, très convaincant par la complémentarité qui s’établit entre le lyrisme des uns et la vitalité des autres.
Texte: JF Mondot
Dessins:Annie-Claire Alvoët ( autres dessins, peintures, gravures à consulter sur son site www.annie-claire.com   ou à découvrir « en vrai »au Sunset-Sunside où une exposition lui est consacrée sur les deux niveaux du club)

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