Film#22-23 Le concours qui n’eut pas lieu (2ème partie : quelques concurrents)
Après avoir présenté les causes d’annulation et les membres du jury de cette cinquième édition du Concours national de jazz de la Défense (27 juin 1981), attardons-nous sur les principaux intéressés, enfin presque tous, les concurrents : Michel Le Guen, Pantin Cruel, Laurent Gianez, François de Larrard, Jean-Michel Assa, le trio Nous trois, François Thomas et le Magic Quartet de Jean-Claude Dessertine.
Si je prends mes planches contact dans ce qui semble être un ordre chronologique, on découvre d’abord un un trio, peut-être sous le nom de Zéphyr Trio: guitare classique (Michel Le Guen), basse électrique (Jean-Pierre Le Guen) et batterie (Jean-Luc Carminati), qui laisse deviner l’influence de Ralph Towner et du Brésil, peut-être du McLaughlin de “My Goal’s Beyond”. Un petit tour sur le net permet de suivre la carrière de musicien et d’enseignant de Michel Le Guenn et même d’entendre le groupe Zéphyr, peut-être déjà le nom de ce trio lors de ce concourt La Défense, mais dans un enregistrement de 1986 auquel s’était joint à l’époque le saxophoniste John Handeslman. Où l’on peut constater à voir le calicot tendu sous la scène que le jazz n’était pas encore interdite de séjour sur France Inter.

Passons sur l’orchestre suivant, Bakea, qui fera l’objet d’un article particulier. Un quintette non identifié fait l’objet d’un seul cliché peu lisible sur ma planche contact et il possible qu’il n’ait pas présenté suffisamment d’intérêt à mes yeux, et voici Pantincruel, orchestre venu du Calvados et qu’il me semble avoir vu à plusieurs reprises à la Défense. Peut-être est-il revenu en 1982 tenter sa chance après l’annulation de cette édition 1981. J’en ai gardé un certain souvenir, d’une sorte de progressive-jazz-rock jouant d’une certaine théâtralité dans la continuité de groupes de l’après-68. Il dû déplaire à une bonne partie des membres du jury, André Francis en tête, mais mon vécu dut lui réserver une relative bienveillance. J’en ai noté le personnel ainsi : Michel Trudelle (ts, ss), Frédéric Frérot (voc, elg, cor de chasse), Sylvain Frérot (elb), Philippe Cailly (dm).

Arrivé de Metz, Laurent Gianez s’était déjà fait entendre au sein du quintette à trois saxophones de Didier Levallet où il arriva à Jean Cohen et à André Jaume de le remplacer, Gianez ayant des responsabilités pédagogiques à Nancy. Il se présenta seul au sax ténor pour une prestation roborative dont l’audace et la force de conviction ne nous laissa pas indifférent. Suivit un autre solo, celui du pianiste François de Larrard qui fit une suffisante impression pour être invité, après annulation de l’édition, à revenir l’année suivante, ce qui lui vaudrait un prix spécial du jury en 1982.

Qui donc entourait le violoniste Jean-Michel Assa (qui s’est depuis illustré dans le Morbihan dans le style manouche et dont l’orchestre apparaît en tête de cette page, face à une partie du jury) ? L’association de la batterie de Jean-François Delettrez à une basse électrique me font supposer une esthétique plutôt jazz-rock, sous la double influence de Jean-Luc Ponty et Didier Lockwood. S’ensuivit un trio d’anches (saxophones et clarinette basse) appelé Nous Trois dont je n’ai su identifier les membres ni retrouver la trace, originaire, me semble-t-il, de la région de Mâcon, et que je devine sous influence de Michel Portal, de l’Arfi, du Quatuor de saxophones (François Jeanneau, Philippe Maté, Jean-Louis Chautemps, Jacques Di Donato).

Dans notre première partie avons déjà aperçu François Thomas en grande discussion avec Jef Gilson. Il se présentait seul à l’orgue Hammond. Mes clichés donnent encore à voir des prises de vue trop médiocres pour paraître ici du Magic Quartet de Jean-Claude Dessertine (ts), Didier Morel (elg), Didier Blanc (b) et Laurent Billet (dm) autant de musiciens dont j’ai perdu la trace… Mais ne serait-ce pas Jean-Claude Dessertine que j’ai aperçu l’autre jour chantant Charles Trenet et jouant Sidney Bechet au soprano sur le Pont des Arts? À suivre avec le groupe Bakea et le trio d’Arnaud de Bois, Éric Daniel et Vincent Meyer. Franck Bergerot (texte et photos)