Franck Tortiller / Misja Fitzgerald Michel : Sur le Vif, pour la sortie d’un nouveau disque
Un début de soirée dans le quinzième arrondissement de Paris, pour un concert sur invitation au ’Yamaha Artist Services’, un lieu qui accueille les musiciens pour des répétitions, des enregistrements, des Master classes ou des concerts de présentation d’un nouvel album. Ce soir le vibraphoniste Franck Tortiller (qui joue les instruments de cette marque depuis 40 ans) présente le répertoire d’un nouveau disque en duo avec le guitariste Misja Fitzgerald Michel, un enregistrement qui paraîtra une semaine plus tard sous le label MCO ; son titre : ‘The Open Chords of David Crosby’

Franck Tortiller (vibraphone)
Misja Fitzgerald Michel (guitare)
Paris, Yamaha Artist Services, 22 mai 2026, 19h
J’ai découvert en avant-première le disque à paraître. C’est pour moi une expérience particulière : si j’ai apprécié, à mon adolescence, les disques du groupe californien des Byrds, j’avais peu écouté par la suite David Crosby dans ses aventures successives (avec Stills, Nash, Young, etc.…), focalisé que j’étais depuis l’enfance sur le jazz et les musiques afro-américaines. Aussi en découvrant le nouveau disque du duo, je suis allé tendre l’oreille vers les versions originales de David Crosby : j’ai pu en apprécier la densité musicale, et aussi goûter le très beau travail d’adaptation/appropriation réalisé par Franck et Misja.
Et à ce concert-présentation, où le duo a donné une bonne partie des titres de l’album, mon plaisir d’écoute s’est confirmé : fidélité à un certain esprit de cette musique, laquelle est transcendée par le goût de la liberté, de la digression et de la métamorphose propre au jazz. Les harmonies subtiles des thème d’origine sont magnifiées, et contournées comme autant de portes vers l’ailleurs (le secret du jazz quand il reprend un répertoire). Tracks In The Dust va s’enflammer avec une grand liberté, et Déja Vu sera également entraîné vers d’autres rives. Le célèbre Guinnevere me paraîtra plus proche du titre créé en 1969 pour le disque éponyme de Crosby, Stills and Nash (encore que, là encore, on nous emmène ailleurs….). En revanche Judy Blue Eyes vibre d’une nouvelle ardeur : bref de dérive en bifurcation, le duo nous embarque vers un autre monde, sans renier la source qui nourrit ce programme. Très beau travail d’orfèvres, qui a conquis toutes les personnes présents, dont votre serviteur.
Xavier Prévost

À retrouver sur le disque cité plus haut, et en concert le 4 juillet au festival de Couches (Saône-et-Loire), et le 10 juillet au Festival Au Sud du Nord (Itteville, Essonne)
Un avant-ouïr du disque sur Youtube