Vincent LÊ QUANG Quartet au TRITON  - Jazz Magazine
Jazz live
Publié le 23 Mai 2026

Vincent LÊ QUANG Quartet au TRITON 

Vincent Lê Quang, ts, ss compositions, Bruno Ruder p, Guido Zorn b, Joe Quitzke dms

Dès la première note, on sait qu’on a gagné sa soirée! Légère déchirure du silence par un saxophone ténor délibérément tremblé, à laquelle vont répondre successivement les trois compagnons du leader, tout aussi discrets et frémissants: l’espace musical est encadré pour accueillir ce début de concert hyper chambriste: chaque instrument a sa sonorité, son univers, sa superficie, et chacune de ces autonomies résonnent merveilleusement avec les autres: les timbres, les phrasés, les placements s’accordent et se répondent. Ces musiciens, qui jouent ensemble depuis près de vingt ans (dixit le patron), puisent dans une large réserve de pièces déjà fréquemment expérimentées et transformées (derechef dixit le patron!). Au ténor succède le soprano, droit et doux, d’une précision lyrique, notamment dans une magnifique ballade. Le piano fait souvent entendre une main droite imaginative: peu d’accords, des lignes longues et parfaitement articulées. La batterie découpe la phrase en une variété de sons inattendus, notamment dans les 4/4 de la fin du concert. Et la contrebasse est puissante, sèche, surprenante au point parfois de capter toute l’attention!

Après le long premier morceau où se déroule une guirlande de thèmes et d’ambiances, Vincent Lê Quang présente le coeur de ce répertoire et l’imagerie qui entoure sa naissance: quelques-unes des sculptures qui entourent le Mont-Blanc, réalisées au début des années 70: Totem, Conquet doré… Je ne connais aucune de ces oeuvres (dont d’ailleurs j’ignorais l’existence), mais mon écoute attentive se double d’une rêverie de ces statues à ciel ouvert, traversées par une musique enchantée.

Yvan Amar