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Le Jazz Live

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Guinche d'été au cercle des poètes disparates

Concert secret numéro 9, toujours organisé par Yan Beigbeder (A Voix Haute, Jazz à Luz) et “Einstein on The Beach”, dans la bonne ville de Bordeaux qui a d’autres chats à fouetter (Epicuriales, Fête du Vin, Fête du Fleuve, bientôt Herbie Hancock, Fête de la fête et j’en passe), dans la mesure où sa célébrité repose moins sur son rayonnement artistique que sur le nom même du breuvage alcoolisé qui fait sa gloire, et d’une certaine façon sa fortune…

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Léon, showman soulful

Le décor du théâtre montmartrois recèle quelques effluves de kitsch rétro, témoin ce cliché de Patrick Dewaere en goguette placardé au mur du bar. Le public du soir s’avère truffé de fans, d’aficionados invités, règle d’or désormais pour des concerts promos. Léon entre en scène sous la claque. Aussitôt dans le vif du sujet il chante et danse sans lâcher son micro.

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Jazzdor, Strasbourg-Berlin (4)

Une dernière soirée emplie d’émotions, évidemment : d’abord c’est la dernière, ensuite le nouveau groupe de Marc Ducret (« Real Thing # 1 ») clôture le festival sur une note tellement forte que tous en sont bouleversés, et comme auparavant Daniel Humair et son « New Reunion » quartet ont joué le jeu crânement et en beauté, la coupe est pleine. On n’oubliera pas de dire aussi que les premières notes sont revenues à un sextet(t) réunissant des élèves de Strasbourg (Conservatoire) et de Berlin (Jazz-Institut), qu’ils ont fort bien joué des compositions de chacun, qu’ils avaient travaillé toute la semaine, et qu’ils ont nom : Musina Ekobissé (ts), Markus Ehrlich (ts), Chris Karantzas (g), Tom Georgel (p), Igor Spalatti (b) et Arthur Vonfelt (dm). Il se dit que les strasbourgeois, séduits par les perspectives de la capitale allemande en matière d’enseignement (et autre…) aimeraient s’installer ici dès l’an prochain. Pour ça, il faut rentrer au « Jazz-Institut » dont les professeurs ont nom (entre autres) David Friedman, Jon Hollenbeck, Greg Cohen…

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Jorge Rossi, des baguettes au piano

A l’invitation de Baptiste de Chabaneix, Jorge Rossi est venu passer trois jours à Toulouse. Comme on le sait, depuis qu’il a quitté le trio de Brad Mehldau, Jorge Rossi joue de plus en plus de piano, sans pour autant abandonner la batterie. L’occasion était trop belle pour se faire une idée de son travail sur l’instrument à clavier.

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Jazzdor, Strasbourg-Berlin (3)

Grande soirée hier, sans doute la plus complète, la plus intense, la plus excitante depuis le début du festival. Et je commencerai par un nouvel aveu : je ne connaissais pas très bien Nils Wogram (tb), et je vais tenter très rapidement de combler cette faille. Car ce tromboniste – qui propose aussi un duo avec Simon Nabatov (p) – est manifestement un très grand talent de la scène actuelle. C’est du moins ce qui apparut très vite au détour de son dialogue inédit avec Bojan Z : une seule répétition ensemble, des unissons parfaits, des « chases » au quart de poil, une aisance stupéfiante et un son superbe. Bien partagé entre les deux compositeurs, le répertoire a associé les thèmes voyageurs de « notre » pianiste (dont le très beau Multi Don Kulti dédié à Don Cherry, ressorti des cartons), et les compositions du tromboniste, dont en rappel une petite et délicieuse chose très ellingtonnienne dont je n’ai pas saisi le titre. Les duos trombone/piano ne sont pas légion dans l’histoire du jazz : j’ai trouvé des occurrences de rencontres entre Albert Mangelsdorff et Wolfgand Dauner à deux reprises (1969 et 1982), un duo enregistré entre Roswell Rudd et Giorgio Gaslini en 1979, et pas grand chose d’autre. Beaucoup de monde en ce début de soirée, et un accueil enthousiaste.

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Jazzdor, Strasbourg-Berlin (2)

Ville trouée, de par son histoire et sa conception, ville divisée (pour les mêmes raisons, à quoi s’ajoute le souvenir de cette division dans le réel du mur), Berlin aurait pu servir à Sigmund (Freud, pas le chat) de métaphore pour l’écriture de cette refente dans le sujet. Il préférait Rome, dont la structure à base d’empilements successifs et de réutilisation des matériaux, convenait bien à sa vision de l’Inconscient.

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Jazzdor, Strasbourg-Berlin (1)

Beaucoup de choses en peu de temps : le déplacement, les affects qui en découlent, l’irruption soudaine dans le nouveau lieu du festival (je n’étais pas venu depuis deux ans), la musique, et jusqu’à l’arrestation du « dépeceur de Bordeaux » à Berlin qui me vaut quelques blagues narquoises et amicales.

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Ne vous privez pas de Grégory Privat

Il peut user de motifs rythmiques marqués, de syncopes appuyées. Le toucher de piano de Grégory Privat n’en demeure pas moins fin, léger, propice à accepter la nuance. « Il est encore jeune, oui mais je trouve son registre pianistique déjà pas mal étoffé. Un sorte de work in progress… » pointe, admiratif, Jacques Schwartz-Bart à son propos.

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JAZZ IN ARLES (4) : Myra Melford, Mark Dresser, Matt Wilson, M Trio

J’avais entendu ce même trio à Tampere en Finlande, fin 2009 (voir article sur ce même site), et j’en avais un excellent souvenir. Confirmé. Myra Melford (p), Mark Dresser (b) et Matt Wilson (dm) ont même encore muri leur complicité joyeuse, la musique est de plus en plus débridée, ouverte, ce qui offre des opportunités étonnantes, comme ce thème dont je n’ai pas le titre mais qui fonctionne un peu comme le Kinda Dukish que Duke Ellington avait l’habitude de jouer dans les années 60/70 en introduction de Rockin’In Rhythm. Soit une façon d’accepter que le « swing » revienne sous cette forme première, sans écarter l’autre, celui qui prédomina en première partie, ce swing océanique caractéristique des années du free, qui repose sur des lames de fond d’inégales valeurs. La musique de Myra et de ses deux complices est très énergique dans son écriture, elle est parfois aussi dansante que celle d’Ornette Coleman, jamais tournée vers la mélancolie, rieuse, drôle (Matt Wilson, impayable).

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JAZZ IN ARLES (3) : Tarkovsky Quartet

L’unanimité régnait hier soir après le concert du « Takovsky Quartet », composé de François Couturier (p, comp), Anja Lechner (cello), Jean-Marc Larché (ss) et Jean-Louis Matinier (acc) : on venait d’assister (très nombreuse assistance, un fait à relever) à un concert de toute beauté, mais néanmoins –  et qu’on n’essaye pas de faire passer des vessies pour des lanternes – on ne venait pas d’écouter un concert de jazz. Certains acceptaient l’idée que sans le jazz cette musique n’aurait pas pu advenir, mais tous avaient bien compris (et admis) qu’on avait à faire là avec une certaine écriture, qui pouvait inclure de (rares) moments de pure improvisation, mais qui renvoyait pour l’essentiel à ce qu’on appelle « musique classique ».