Pauline Oliveros

Europa Jazz Festival 2012, le final (3)

Je pourrais reprendre, à propos du solo de Vincent Courtois (violoncelle), quasiment les mêmes termes utilisés hier à vanter les mérites du solo de Vincent Peirani (accordéon), sans oublier de souligner la présence du public, de plus en plus insistante dans le lieu (Collégiale St-Pierre-La-Cour), comme dans la Fonderie pour les concerts d’après-midi. Même si, pour les musiciens, ce n’est pas toujours évident, les concerts de midi ou de cinq heures sont pour les auditeurs une respiration, un bol d’art, accompagné du sentiment de partager quelque chose de rare. Cela dit, le violoncelle plaît, et il se situe sur un versant naturel de noblesse plus facilement que l’accordéon. La performance de Vincent Courtois n’en est que plus impressionnante dans la mesure où il n’a recours qu’à des thèmes de sa composition (ou exceptionnellement de Louis Sclavis), qu’il déplie dans un lyrisme exigeant, une technique sans faille, et un recours plus que minimal à des effets de manche ou d’archet. « Sensuel et perdu » dit un des titres de ce beau récital, à retrouver sur CD « L’Imprévu », Label La Buissonne/Harmonia Mundi. Perdu peut-être, mais pas pour tout le monde…