Sunset

Vol d'oiseau

Eric LeLann : mossy Sunset

“Mossy Ways” (chemins moussus) : tel est le titre de l’album dont Eric Le Lann célébrait hier la parution au Sunset, et qu’il célébrera encore ce soir 9 décembre au même endroit. Franck Bergerot a voulu confronter son écoute en public avec la chronique qu’il en fait dans le numéro de Jazz Magazine actuellement en kiosque.

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les flamboyances d'Osiris

Il a fallu retirer quelques sièges du premier rang, et demander aux musiciens de rentrer un peu le ventre pour que les treize instrumentistes d’Osiris (dont une chanteuse) puissent tenir ensemble sur la scène du Sunset. Après quoi, l’orchestre a donné un concert vif, stimulant, flamboyant.

Philippe Lemoine au Sunset

Les voutes du Sunset résonnent d’une musique aux contours peu habituels. Soit un alliage de sonorités quelque peu réticentes à se marier dans l’instant, se fondre dans un collectif. Chaque instrument garde son espace d’expression propre, défend son territoire. Dans le cheminement musical ainsi tracé seul l’accordéon paraît, au fur et à mesure, pouvoir conquérir des parcelles d’un terrain partagé.

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Laurent Coq guérit les rhumes!

Quand au cœur de l’hiver personne ne tousse, crache, couine, grince, éternue pendant un concert, c’est qu’il se passe quelque chose. Mercredi dernier au Sunset, pour le concert de Laurent Coq, il s’est passé quelque chose. Pas un bruit. De l’attention. De la réceptivité. La musique jouée ce soir-là a eu raison de tous les miasmes…

Le cor beau de Manu Domergue au Sunset

Plus qu’un récital accompagné du diseur, chanteur et corniste Manu Domergue, le Raven Quartet est un véritable groupe qui se produisait au Sunset ce soir, 7 novembre, sur un répertoire sans équivalent autour de la figure du corbeau.

Pierre de Bethmann et Kneebody rue des Lombards

Hier matin, le mot « jâze », prononcé sur France Culture, dans la rubrique de “Ce qui nous arrive en musique” pour nous présenter La Chanson des jumelles de Michel Legrand chantée par Anne Sofie von Otter (une interprétation dont on voit mal en quoi “ça nous arrive” aujourd’hui si l’on a en tête la version d’Anne Germain et Claude Parent) et nous signaler qu’Anne Sofie von Otter pouvait aussi faire de la chanson “jâze”. Tout comme on apprenait l’autre jour que Jay Jay Johanson était influencé par Chet Baker (on aura compris, par la voix, non par la trompette, le phrasé, le placement rythmique et harmonique…). Voilà à quoi se réduit aujourd’hui toujours un peu plus le jazz. Je me suis dit qu’il était temps d’aller faire un tour rue des Lombards. Au programme, le Medium Band de Pierre de Bethmann au Duc des Lombards et le groupe Kneebody au Sunside.

Marc Ducret et ses Real Thing ou Eric Barret et Jacques Pellen

Ce soir, on avait l’embarras du choix : le guitariste Marc Ducret et ses Real Thing #1 et 3 à la Dynamo de Pantin ou le saxophoniste Eric Barret et le guitariste Jacques Pellen au Sunset. Franck Bergerot n’a pas choisi, s’est planté et s’est consolé avec un compote de coings.

Parker dans tous ses éclats

  On se demande ce qu’il leur faut, parfois, aux Parisiens, pour les bouger. A peine une cinquantaine de client(e)s – dont pas mal d’ami(e)s – pour assister à la métamorphose du Bird en Géraldine Codjia ou en Manu Laurent. (Que Christophe Marguet me pardonne de minimiser son rôle dans cette appellation, lui qui sur scène l’a si bien rempli, avec discrétion, subtilité et efficacité.)

David Enhco, Julien Soro et autres oiseaux

« 1er mai 1916 : Réveillé à 5 heures, raconte Jacques Delamain dans son Journal de guerre d’un ornithologue. Tous les oiseaux familiers sont là, dans la petite vallée au-dessus de laquelle les obus passent et repassent. […] Un Rossignol des murailles, un mâle très beau, entre dans un petit trou du mur. La femelle ramasse à terre des racines sèches, pour bâtir son nid. […] Le soir, avant la tombée de la nuit, un Bruant jaune fait entendre son “tsi-tsi-tsi-tsi-tsi-tîh ». Et le 6 mai : « Un Hypolaïs polyglotte chante sous des coups de 90. Je remarque pourtant qu’une interruption de deux ou trois secondes a lieu aussitôt après la détonation, mais pas toujours. Par contre la Fauvette des jardins ne suspend pas sa petite strophe commencée sous un coup de 90. » Depuis que je connais les écrits de Jacques Delamain, je rêve de savoir décrire les concerts auxquels je me rends avec sa simplicité et sa précision. Hélas…