JAZZ SERIES Band Housing plays MISHA MENGELBERG

03 Nov 2019 #Concerts

Entrepris en 2015, le cycle de concerts thématiques JAZZ SERIES propose deux fois par mois un concert autour du répertoire de jazzmen, des plus reconnus (Parker, Gillespie, McLean, Bud Powell, Monk….) aux oubliés (Boots Mussulli, Annie Ross, Jack Montrose, ou le clarinettiste klezmer Dave Tarras….)

JAZZ SERIES JS#70 Band Housing plays Misha Mengelberg

Louis Laurain (cornet), Pierre-Antoine Badaroux (saxophone alto), Jean Dousteyssier (clarinette basse & clarinette), Benjamin Dousteyssier (saxophones baryton & soprano), Antonio Borghini (contrebasse), Antonin Gerbal (batterie)

Paris, Bar Le 34, 2 novembre 2019

Les concerts se déroulent dans un bar de la Goutte d’Or, sis au 34 de la rue Léon, dans le 18ème arrondissement. Même si certains programmes se tournent vers des invités, la plupart des musiciens qui participent aux sessions sont issus de la nébuleuse de l’Umlaut Big Band. C’est le cas ce soir. Le programme du jour s’inscrit dans un cycle autour de la musique de Thelonious Monk, et des musiciens influencés par sa grande singularité. En décembre 2018 ce fut Randy Weston, et ce soir Misha Mengelberg, électron libre du jazz européen.

Le concert commence avec Hypochristmutreefuzz : Benjamin Dousteyssier s’enflamme au soprano. On est de plain-pied dans le sujet, la singularité de ce jazz européen joué dans un esprit qui rappelle Eric Dolphy, ce qui n’est pas un hasard si l’on veut bien se rappeler que Misha Mengelberg accompagna Dolphy. La présence de la clarinette basse, et l’usage qu’en fait Jean Dousteyssier, ne sont pas étrangers à cette impression. Dans le thème suivant, c’est un dialogue virulent entre le cornet de Louis Laurain et le sax alto de Pierre-Antoine Badaroux, arbitré par le baryton. Puis c’est un solo explosif du batteur Antonin Gerbal qui ouvre un thème où il sera en duo avec le sax alto, avant une course folle du soprano et de la batterie en compagnie d’Antonio Borghini. La présence de ce contrebassiste quadragénaire et transalpin dans cette brochette de trentenaires hexagonaux n’est pas anodine : il a côtoyé Braxton, Han Bennink, Lawrence ‘Butch’ Morris, Schlippenbach, Gunter Sommer…. Ce qui est très frappant, c’est que ces musiciens encore jeunes (pour le chroniqueur septuagénaire que je suis) portent en eux toute l’histoire de ces musiques, sans cloisonnements castrateurs. Le thème suivant, assez bebop dans sa forme, le confirme. Il faut dire qu’il est un peu passé à la moulinette Dolphy, notamment par la clarinette basse et le sax alto.

Le deuxième set commence avec Auntie Watch Your Step, où le cornet improvise sur un bouillonnement furieux de la clarinette basse et du baryton, avant surgissement d’un trio sax alto, basse et batterie, qui confirme que nous sommes ici sur le territoire jouissif et inconfortable du discontinu. Sur Rollo , bel échange alto/baryton. Puis c’est De Sprong O Romantiek Der Hazen, autrement dit le saut du lièvre romantique, avec une magnifique partie de clarinette en sib par Jean Dousteyssier, sur un arrangement qui fleure bon le souvenir de Billy Strayhorn (les arrangements ont été conçus par trois des membres du groupe). Et pour finir Samba Zombie, un thème gravé dès 1966 et parfois repris, notamment par l’ICP Orchestra. C’est l’occasion d’un duo/duel improvisé entre les frères Dousteyssier. C’est aussi la fin du deuxième set. On passe le chapeau (qui est en fait une corbeille) : le concert est gratuit, mais il n’est pas interdit de soutenir la musique et les musiciens. C’est l’usage ici, usage Ô combien pertinent. Chacun y souscrit, chroniqueur inclus. Ledit chroniqueur va ensuite déserter le troisième set, car sa banlieue est distante et les RER imprévisibles. Belle soirée, une fois de plus, en compagnie des allumés salutaires des ‘Jazz Series’. Prochains concerts les samedis 16 novembre, autour du répertoire de Kenny Dorham & Ernie Henry,  et 30 novembre autour de Steve Lacy & Steve Potts. Infos ci-dessous, et chronique d’un épisode antérieur.

Xavier Prévost

https://parisjazzseries.com/

https://parisjazzseries.com/concerts/

Chronique d’une soirée Jackie McLean en janvier 2018

https://www.jazzmagazine.com/jazzlive/jazz-series-49-au-34-rue-leon-autour-de-jackie-mclean/

 

Brève de jazz

Raphaël Imbert à la tête du CRR de Marseille

La Ville de Marseille vient d’annoncer la nomination du saxophoniste Raphaël Imbert à la tête du conservatoire à rayonnement régional de Marseille, quelques jours à peine après avoir fait l’affiche du festival de jazz des cinq continents avec sa compagnie le Nine spirit.

Les Grands Prix de l’Académie Charles Cros ont été décernés hier soir

Grand Prix Jazz à CÉCILE McLORIN SALVANT pour son disque 'The Window' (Mack Avenue / Pias) Grand Prix Blues au groupe DELGRES pour son disque 'Mo Jodi' (PIAS) JORDI PUJOL, du label Fresh Sound, a reçu un Prix in honorem pour son travail sur l'édition phonographique et les rééditions, depuis 1983, et en particulier pour ses récentes publications de rééditions et d'inédits du jazz français des années 40 à 60. JOËLLE LÉANDRE a reçu un Prix in honorem en musique contemporaine pour l'ensemble de son parcours musical, à l’occasion de la parution récente de 'Double bass', ( B. Jolas, G. Scelsi, J. Cage, J. Druckmann, J. Léandre par J. Léandre) (Empreinte digitale). Elle a publié également cette année plusieurs disques de musique improvisée http://charlescros.org

Bill Carrothers: solo unique au Duc

C'est sans doute le pianiste le plus rare de notre époque, à tous les sens du terme: si l'ont tient bien nos tablettes, l'immense Bill Carrothers ne s'était plus produit à Paris depuis... 2011! Alors, pour une fois qu'il quitte sa retraite du fin fond du Michigan, on ne manquera pas sous aucun prétexte son unique date au Duc des Lombards ce jeudi 6 décembre, qui plus dans l’intimité d'un solo, configuration dans laquelle il nous a livré ses plus grands disques.

EN KIOSQUE

20191101 - N° 722 - 100 pages

Pour la première fois, Kyle Eastwood le fils et Clint Eastwood le père sont réunis dans les pages de Jazz...